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Ilham Shaheen : «Le cinéma africain mérite d’être mis en lumière»

 

 

Entretien avec Ilham Shaheen, artiste

Présente lors de la 20ème édition du Festival du cinéma africain de Khouribga, l’actrice égyptienne Ilham Shaheen a partagé avec le public le dernier de ses longs métrages «Un jour pour les femmes». Pour en savoir plus sur sa participation, son engagement en faveur des femmes et sur ses projets d’avenir, nous sommes allés à la rencontre de la star égyptienne.

ALM : Ce n’est pas votre première visite au Maroc et ce n’est pas non plus votre première participation à un festival au Maroc. Que pensez-vous du Festival du cinéma africain de Khouribga ?

Ilham Shaheen : Je suis vraiment contente comme à chaque fois d’être au Maroc. C’est un festival particulier puisqu’il cible le cinéma africain et c’est très important pour l’Afrique. Car le cinéma de ce continent mérite d’être mis en lumière. Il faut vraiment qu’on soit nous en tant qu’Africains solidaires pour faire valoir notre culture, notre patrimoine et nos films dans le monde. Le festival est aussi une occasion pour partager nos expériences et mieux connaître les différentes cultures africaines. C’est ma première participation au Festival du cinéma africain de Khouribga et je suis ravie d’être parmi vous.

Parlez-nous un peu de votre rôle dans le film «Un jour pour les femmes» projeté pendant le festival ?

Je ne saurais décrire mon rôle, le public a pu de ce fait découvrir l’histoire qu’il raconte. C’est le cas social d’une femme pauvre qui exerce un métier étrange pour nos sociétés. C’est une femme qui accepte d’être dessinée ou peinte, c’est un mannequin populaire. Elle est mannequin non pas pour sa beauté mais plutôt pour son apparence orientale et populaire. Cette femme fait face aux préjugés et à l’injustice parce que la société ne reconnaît pas sa profession. Elle juge ce métier comme étant étranger à nos traditions et à nos habitudes. Mais le film défend la liberté de la femme dans la mesure où elle a le droit de vivre librement, de choisir la profession qu’elle aime exercer et de défier le monde entier s’il le faut pour continuer à l’exercer. C’est une femme qui n’a pas peur du regard de la société. En même temps, le film veut transmettre un message pour les femmes, celles-ci ne doivent pas céder à la peur dans leur choix d’avenir, il faut dans ce sens se révolter contre certaines traditions dépassées.

Vous avez produit le film, comment vous décrivez cette expérience ?

Il est encore tôt pour juger du succès du film financièrement. Ce long métrage a été seulement projeté dans les salles de cinéma en Egypte. Il faut également qu’il soit diffusé sur les chaînes de télévision.

Parlez-nous un peu de vos futurs projets…

J’ai un film intitulé «Nassim Al Hayate» réalisé par Hala Khalil et un autre avec le réalisateur Mohamed Salim avec des stars comme Ahmad Essakka et Amr Saad dont le tournage va bientôt démarrer. J’ai également un projet télévisé pour le Ramadan prochain. Nous sommes encore en phase de discussions.

Un album unique du Wu-Tang Clan conservé au Maroc finalement vendu 1 million de dollars

 

L'unique exemplaire d'un album du mythique groupe de rap new-yorkais Wu-Tang Clan, mis aux enchères par un homme d'affaires américain controversé qui n'avait pas exclu de tout simplement le détruire, s'est finalement vendu un million de dollars.

La vente lancée sur eBay s'est terminée comme prévu vendredi soir avec une enchère de 1.025.100 dollars, pas beaucoup plus que le million qui avait été atteint dès le premier jour des enchères, le 5 septembre. Financier et patron dans l'industrie pharmaceutique, Martin Shkreli avait acheté pour deux millions de dollars fin 2015 "Once Upon a Time in Shaolin", un double album des rappeurs du Wu-Tang Clan, qui n'en a publié qu'un exemplaire.

 
 

Martin Shkreli, 34 ans, s'est fait connaître lorsqu'il a subitement multiplié par 55 - de 13 à 750 dollars la pilule - le prix d'un médicament destiné aux séropositifs en septembre 2015. Ce qui lui a valu le surnom d'"homme le plus détesté d'Amérique". Un mois après avoir été déclaré coupable dans son procès pour fraude et manipulations - sans rapport avec le médicament - devant un tribunal fédéral de Brooklyn, il avait mis en vente le 5 septembre le précieux opus. Avec une provocation dont il est coutumier, il a affirmé n'avoir même pas écouté l'album en totalité. "A tout instant, je peux annuler cette mise en vente et je pourrais même briser l'album par frustration", avait-il écrit dans un message accompagnant l'enchère.

L'homme d'affaires ayant été emprisonné mercredi, il n'est pas certain que l'acheteur puisse recevoir son album de sitôt. M. Shkreli avait précisé en lançant l'enchère qu'il donnerait la moitié de la somme récoltée à la recherche médicale, assurant qu'il n'avait pas besoin d'argent mais qu'il entendait ainsi marquer les esprits.Il a été vivement critiqué pour avoir acheté l'album, y compris par l'un des membres du groupe, Ghostface Killah, qui avait estimé qu'il appartenait "aux gens".

L'unique copie avait été conservée dans un coffre-fort au Maroc lors de sa première mise aux enchères par le groupe en 2015. Selon les clauses de la vente, l'album ne peut être commercialisé avant 2103 mais son propriétaire peut le faire écouter gratuitement en privé. On ignore l'identité de l'acheteur, mais son profil sur eBay montre que c'est un amateur de disques ou d'objets en rapport avec la musique.

Vers la fin des enchères, l'authenticité de l'album a été mise en cause. Bloomberg News, après une enquête, a estimé qu'il était possible que "Once Upon a Time in Shaolin" ne soit qu'une compilation effectuée par le producteur marocain Cilvaringz, avec des contributions de certains membres du groupe. M. Shkreli, condamné le mois dernier, était en liberté sous caution jusqu'à l'annonce de sa sentence. Le juge a révoqué cette liberté mercredi après que l'homme d'affaires eut annoncé une récompense pour quiconque arracherait une mèche de cheveux à l'ex-candidate à la présidence Hillary Clinton - simple plaisanterie, a-t-il plaidé en vain. Il a été emprisonné immédiatement.

Décès de l’homme d’affaires français Pierre Bergé

 
 
 
L'homme d'affaires et mécène français Pierre Bergé est décédé vendredi à 86 ans des suites d'une "longue maladie", a annoncé la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent.
 
"La Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent, Paris et la Fondation Jardin Majorelle, Marrakech ont l'immense tristesse d'annoncer le décès de leur Président-fondateur Pierre Bergé, survenu vendredi 8 septembre 2017 à 05H39, à son domicile à Saint-Rémy-de-Provence", indique un communiqué de la Fondation dont se font écho les médias français.
 
Berger, qui était président de la Fondation « Jardin Majorelle» s'apprêtait à inaugurer à Marrakech le Musée «Yves Saint Laurent", qui, avait-il confié à la presse "permettra de montrer une facette importante du Maroc et de sa culture".
 
Présenté par les médias comme l'un des plus grands mécènes du 20ème siècle, Bergé s'était impliqué dès son jeune âge dans de nombreuses causes caritatives et sociales. 

Portfolio: les amazighs à l'honneur au festival de photojournalisme de Perpignan

 

 

 

Le photographe algérien Ferhat Bouda réalise, depuis sept ans, une série photographique sur les communautés berbères à travers l'Afrique.

Ferhat Bouda, jeune photographe algérien, expose actuellement sa série "Les berbères au Maroc, une culture en résistance" à l'occasion du festival annuel de photojournalisme Visa pour l'image qui se déroule actuellement à Perpignan dans le sud de la France.

 

Né à Bouzeguene à Tizi-Ouzou, un village berbère situé au Nord de l'Algérie, Ferhat Bouda sillonne l'Afrique depuis sept ans à la rencontre des communautés berbères et des peuples nomades. L'année dernière, le jeune artiste a décidé de partir dans le sud du Maroc pour photographier les communautés amazighes de la région.

Telquel.ma: D'où vous est venue l'idée d'un tel projet ?

Ferhat Bouda: Moi-même je suis berbère d'Algérie. J'ai donc débuté ce long projet par mon pays. J’ai commencé par ma grand-mère, mon village, ma maison puis ensuite je me suis rendu en Tunisie, en Egypte, au Burkina faso, en Mauritanie et au nord du Mali. Sans compter toute la diaspora. Puis, j’ai eu le prix Pierre Alexandra Boulat moulin en partenariat avec Visa pour l’Image. Ce projet est un voyage dans le passé car je cherche moi-même à comprendre cette culture pour mieux la montrer au monde.

Vous avez choisi de photographier les amazighs du Haut-Atlas. Pourquoi ce choix ?

Je voulais partir dans des endroits où la culture n’est pas influencée par la technologie, où la globalisation n'a pas pu s'infiltrer. Je me suis donc rendu dans des petits villages comme Tinfgam ou Timetda, dans la Vallée des roses ou encore à Ouarzazate. J'ai aussi suivi des nomades qui se déplacent d’une grotte à l’autre. Là-bas les gens sont les gardiens authentiques de la culture berbère.

Mohamed prépare le thé avant de quitter la grotte. « Nous sommes nés pour travailler, vivre et mourir. » Tinfgam, dans le Haut Atlas, 2016. © Ferhat Bouda / Agence VU’ Lauréat du Prix Pierre et Alexandra Boulat 2016 soutenu par la Scam Mohamed preparing tea before leaving his cave. “We are born to work, live and die.” Tinfgam, Atlas Mountains, 2016. © Ferhat Bouda / Agence VU’ Winner of the Pierre & Alexandra Boulat Award 2016 sponsored by LaScam Photo libre de droit uniquement dans le cadre de la promotion de la 29e édition du Festival International du Photojournalisme "Visa pour l'Image - Perpignan" 2017 au format 1/4 de page maximum. 
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Mohamed prépare le thé avant de quitter la grotte. « Nous sommes nés pour travailler, vivre et mourir. » Tinfgam, dans le Haut Atlas, 2016. © Ferhat Bouda / Agence VU’

Démocratie, entraide, convivialité, tolérance... Voilà ce que j'ai trouvé là-bas. On n'a jamais vu de berbères s'entretuer à cause de leur religion. Dans cette communauté, ça n’existe pas. Ils ont une façon de vivre ensemble qui doit être montrée et dont les gens doivent s'inspirer. Ces valeurs là, je ne les trouve pas ou moins dans les villes où il y a des communautés berbères.

Dans la maison, avec leurs enfants, au travail dans les champs... Il y a surtout des femmes sur vos photos. Pourquoi ?

Oui, car la femme est au centre de la culture berbère en général. Moi-même j'ai été élevé par deux femmes, car comme dans beaucoup de villages berbères, mon père était parti travaillé à l'extérieur. Ce sont elles qui m’ont toujours éduqué à la tolérance et au vivre ensemble. Ça me fait pensé, un jour j'ai aussi photographié des femmes touaregs qui apprenaient l’alphabet berbère à leur enfant dans le sable. Elles s'occupent des petits, de la maison, elles travaillent au champs... Elles font tout.

En fait, c’est surtout grâce à ces femmes que les villages existent et tournent. J'estime que la femme berbère est un exemple pour toutes les femmes du monde. C'est pour cela qu'elles sont au centre de mon travail. D'ailleurs, dans les villages que j'ai visité pour cette série au Maroc, il y avait tellement de femmes que je devais des fois faire un effort pour trouver des hommes à prendre en photo ! Et il m'était arrivé la même chose au Niger.

Touda avec sa petite fille. Elle est venue rendre visite à sa sœur pour quelques jours. Tinfgam, dans le Haut Atlas, 2016. © Ferhat Bouda / Agence VU’ Lauréat du Prix Pierre et Alexandra Boulat 2016 soutenu par la Scam Touda, seen with her daughter, was spending a few days with her sister. Tinfgam, Atlas Mountains, 2016. © Ferhat Bouda / Agence VU’ Winner of the Pierre & Alexandra Boulat Award 2016 sponsored by LaScam Photo libre de droit uniquement dans le cadre de la promotion de la 29e édition du Festival International du Photojournalisme "Visa pour l'Image - Perpignan" 2017 au format 1/4 de page maximum. 
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Touda avec sa petite fille. Elle est venue rendre visite à sa sœur pour quelques jours. Tinfgam, dans le Haut Atlas, 2016. © Ferhat Bouda / Agence VU

Vous faîtes souvent des parallèles entre les différentes communautés berbères que vous avez photographié à travers l'Afrique. Quelles sont les similitudes ou au contraire les différences qui existent entre elles, selon vous ?

Bien sûr il y a des différences entre ces communautés. Les habits, leur matière et leur couleur, par exemple changent d'une zone géographique à l'autre car les gens s'adaptent à leur environnement. Pareil pour la couleur de la peau, qui sera plus blanche ou plus noir en fonction des zones. La langue, elle, varie d'un endroit à l'autre à cause notamment des différentes influences coloniales. Mais ce qui est marrant c'est que dans chaque endroit où je suis allé durant toutes ces années, je me suis rendu compte que le mot pour désigner les différentes parties du corps humain ne change pas vraiment d'un pays à l'autre !

Mais au fond il n'y a pas de grandes différences. Les valeurs berbères et cette convivialité dépassent les frontières. Quand je suis allé dans le Haut-Atlas, j’avais un visa et j'étais de fait sur le sol marocain mais je ne me sentais pas au Maroc. Je me sentais avec un peuple et ce peuple c’est le mien. D'ailleurs, on se comprenait très bien eux et moi bien que je sois kabyle. Je pense que les berbères sont un pont entre les différents pays d'Afrique.

L'exposition s'intitule "Les berbères au Maroc, une culture en résistance". Une résistance à qui ou à quoi ?

Je n'ai pas voulu rentrer dans la querelle politicienne et parler de résistance politique. Ce n'était pas le but de ce travail bien que je sois un fervent défenseur de cette communauté. Leur résistance est bien plus profonde. Ils ont résisté à tout : aux colons depuis des siècles et aujourd'hui à la nature  pour survivre. Ils ont un grand attachement à leur terre. C’est cela que j’appelle de la résistance. Ils doivent s'adapter à de nombreux climats, le froid dans l'Atlas en hiver ou la pesante chaleur dans le désert. En fait, ils vivent par rapport et au rythme de la nature. Ils n'ont pas d'heure ou de programme fixe, ils ne dépendent que d'elle.

Vous savez, certaines personnes là-bas ne sont même pas au courant de ce qui se passe dans le monde. Lors de mon deuxième voyage j'ai rencontré des gens qui ne savaient pas qui était Ben Laden. J'étais étonné mais au fond, ce n’est pas plus mal non ? Ces gens ne sont pas malheureux, ils sont même assez libres. Mais ils sont malheureusement en train de disparaître...

Aicha prépare le thé dans la cuisine de la maison qu’elle partage avec sa fille. Sa voisine est venue lui rendre visite. Timetda, dans la région d’Amejgag, 2016. © Ferhat Bouda / Agence VU’ Lauréat du Prix Pierre et Alexandra Boulat 2016 soutenu par la Scam Aicha preparing tea in the home she shares with her daughter. A neighbor had dropped in to say hello. Timetda, near Amejgag, 2016. © Ferhat Bouda / Agence VU’ Winner of the Pierre & Alexandra Boulat Award 2016 sponsored by LaScam Photo libre de droit uniquement dans le cadre de la promotion de la 29e édition du Festival International du Photojournalisme "Visa pour l'Image - Perpignan" 2017 au format 1/4 de page maximum. 
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Aicha prépare le thé dans la cuisine de la maison qu’elle partage avec sa fille. Sa voisine est venue lui rendre visite. Timetda, dans la région d’Amejgag, 2016. © Ferhat Bouda / Agence VU’

La disparition de cette communauté est-elle un signal d'alarme que vous avez voulu lancé à travers cette exposition ?

Au retour de mon dernier voyage, je suis rentré le cœur brisé. Ce peuple est entrain de disparaître et il en est conscient. Sa population se réduit doucement. Et c’est pareil pour les touaregs. En tant que berbère, je dois montrer la disparition de mon peuple. C’est mon devoir.

Ce projet, c’est une façon de le sauver de l’oubli. Car on doit préserver cette culture pleines de belles valeurs humaines. On ne doit pas rougir face à l’Occident. Et pour qu'elle survive, il faut la montrer. Je vois donc ce projet à la fois comme, une recherche personnelle, un témoignage et une archive. A terme, j’aimerais exposer ces photos, non plus seulement dans des festivals comme celui-ci, mais aussi dans ces villages du Maroc et d'Afrique.