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''La République de Sa Majesté'', le dernier livre d’Omar Brouksy sur les ''liaisons dangereuses'' franco-marocaines

 

 

Omar Brouksy signe une enquête sur les réseaux franco-marocains à paraitre aux éditions du Nouveau monde le 21 septembre. Une "idylle, entretenue par des hommes et des femmes de l’ombre recrutés pour 'protéger' l’image de la monarchie," promet la quatrième de couverture de La République de Sa Majesté.

Après Mohammed VI, derrière les masques (Seuil, 2014), le journaliste Omar Brouksy (Le Journal hebdomadaire, AFP) publie le 21 septembre un nouveau livre sur les relations franco-marocaines, au-delà du canal diplomatique entre les deux États. La République de Sa Majesté, avec pour sous-titre France-Maroc, les liaisons dangereuses, se veut être "une enquête approfondie" qui "raconte les dessous de ces liaisons dangereuses pour l’idéal démocratique. Elle en dit long sur le régime marocain comme sur les dérives de la République, toute acquise à 'Sa Majesté'," vante le site de l’éditeur.

 

Omar Brouksy confie à AlYaoum24 avoir planché deux ans et demi sur cet ouvrage. "J’ai fini d’écrire mon livre avant juin, mais j’ai appris que le président français Emmanuel Macaron se rendrait au Maroc. J’ai donc attendu sa visite et recueilli des informations à ce sujet. Je l’ai inclus dans l’un des chapitres du livre intitulé Macron : Welcome in the Family et dans lequel on se rend bien compte que les relations entre le Maroc et la France continuent car elles sont anciennes, et que Macron va dans la même direction," explique l’auteur. De Sarkozy à Macron, Omar Brousky passe en revue dix ans de relations entre la France et le Maroc, pour s’attarder sur les réseaux qui font que "peu importe l’affiliation du président français, que ce soit de droite ou de gauche, les relations sont solides".

Dix ans, notamment marqués par le cas de Zakaria Moumni (2010), l’affaire Hammouchi et le gel de la coopération judiciaire qui s’en est suivi (2014-2015), le chantage d’Éric Laurent et Catherine Graciet (2015) les gaffes du député français Jean Glavany à l’Assemblée sur l’état de santé de Mohammed VI (2017) et où ces réseaux sont à l’œuvre.

"Nous ne pouvons pas nier l’existence d’une élite tels que Jack Lang, Jamel Debbouze, Sarkozy et autres qui ont des relations spéciales et personnelles avec le palais sur la base du "donnant-donnant". C’est une relation qui va au-delà du cadre juridique, pour devenir des relations personnelles. L’une des tâches de l’élite est de défendre la monarchie comme unique dans la région, et pour cela, elles argumentent en disant que les Marocains ne seraient pas prêts pour la démocratie, que la monarchie est la meilleure protection contre la menace islamique...," déclare Omar Brouksy à AlYaoum24.

"Le livre ne porte pas sur les relations d’État à État. C’est une enquête sur une élite influente sur les plans politique, médiatique et économique dont la mission est de tresser les lauriers du roi au mépris de tous les principes de démocratie et des droits de l’homme," explique-t-il encore au Desk.ma qui publie ses bonnes feuilles.

Parmi les révélations annoncées contenues dans La République de Sa Majesté, Omar Brouksy promet au Desk.ma "des éléments ahurissants sur l’adoption par le parlement français du Protocole additionnel obligeant le juge français à se dessaisir des dossiers mettant en cause, en France, des dignitaires marocains." Omar Brousky publie aussi la retranscription des enregistrements de trois rencontres entre Catherine Graciet et Eric Laurent d’une part et l’avocat du palais Hicham Naciri d’autre part. Omar Brousky dit au Desk.ma qu’en consultant l’intégralité de ces retranscriptions il avait "l’impression de lire un roman policier." "C’est le chapitre le plus fou," juge-t-il.

Tunisie: Les élections municipales probablement reportées au 18 ou 25 mars

 

 

L'Instance Supérieure Indépendante pour les Elections en Tunisie (ISIE) n'a pas écarté, samedi, la possibilité d'un report des élections municipales, pour le 18 ou 25 mars.

Selon une source à l’ISIE, citée par les médias locaux, les nouvelles dates de ces élections, prévues initialement le 17 décembre, seront annoncées lors de la réunion que tiendra l’Instance lundi avec la participation des représentants des présidences de la république, du gouvernement et de l'Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), ainsi que des partis politiques.

Dimanche, le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, a relevé que ces élections seront probablement reportées, au mois de mars, une date qui sera, éventuellement annoncée par l’ISIE.

Le responsable a ajouté que son parti au gouvernement, qui était contre ce report, a accepté cette décision pour des "raisons objectives".

Il a, toutefois, souligné que son parti est pour la fixation d’une date précise des élections, faisant savoir que la prochaine séance plénière de l’ARP se tiendra mercredi prochain pour combler les vacances dans la composition de l'ISIE, une condition sine qua non pour la tenue de ces échéances électorales.

Un collectif de partis politiques comprenant "Al Joumhouri", "Machrou3 Tounes", "Al Badil Ettounsi", "Al Jomhouri", "Afek Tounes", "Al Massar", "Al Watan Al Mouwahad", "Parti du Travail National Démocrate" et "Tounes Awalan", avait appelé, début septembre, au report de ces élections municipales.

D'après ce collectif, "les conditions nécessaires sur les plans administratif, logistique et juridique ne sont pas encore réunies" pour l'organisation de ces échéances.

Dans une déclaration commune, ces partis appellent le parlement à tenir une session extraordinaire pour combler les vacances dans la composition de l'ISIE et à adopter le code des collectivités locales.

Ils exhortent le gouvernement à publier les textes d'application et à installer les instances judiciaires et financières régionales, à préparer l'administration et à prévoir des mécanismes de coordination entre divers intervenants dans le processus électoral.

Les signataires soulignent également l'importance qu'il y a de mobiliser les ressources financières nécessaires aux municipalités, conformément au nouveau code des collectivités locales, dans le cadre de la loi de finances 2018 et d'établir un échéancier pour chaque mesure avant l'appel officiel aux élections.

Ils ont, en outre, fait part de leur disposition à négocier avec toutes les parties concernées pour garantir le succès des élections municipales n'écartant, toutefois, pas leur mobilisation pour le report de cette échéance politique au plus tard au mois de mars 2018.

Pour Issam Chebbi, secrétaire général du parti "Al joumhouri", les partis ne sont pas prêts à entrer dans une "aventure électorale".

La date du 17 décembre "n'est pas adéquate. Elle est caduque" en raison du retard enregistré dans l'adoption du code des collectivités locales, la vacance à la présidence de l'ISIE et les lacunes persistantes au sein des tribunaux administratifs qui ne pourront pas trancher dans les possibles recours durant les élections sans oublier la neutralité de l'administration, explique Chebbi dans des déclarations à la presse.

Pour sa part, Yassine Brahim, chef d'"Afek Tounes", membre de l'actuelle coalition gouvernementale, a indiqué que "fin mars nous paraît une bonne date" pour la tenue de ces municipales.

Il a relevé que son parti "a des doutes sur la capacité de l’ISIE à organiser ces municipales dans de bonnes conditions".

Il a précisé que ces élections ne peuvent se tenir sans combler les postes vacants au sein de l'ISIE et sans l'adoption au Parlement d'un code électoral permettant l'organisation administrative et financière des municipales.

De son côté, Mohamed Ali Toumi, porte-parole du parti "Al Badil", présidé par l'ancien Premier ministre Mehdi Jomaa, a souligné qu'il est impératif de "garantir la neutralité de l’administration surtout au niveau local".

"Il est nécessaire de mettre en place un calendrier pour préparer les élections sachant que nous devons faire face à d’énormes défis qui sont d’ordre économique et non politique", a-t-il expliqué.

Pour Watfa Belaïd, présidente du comité central de "Machrou3 Tounes", la date choisie par l’ISIE n’a pas été acceptée dès le départ par 11 partis.

Elle a précisé que "ni le gouvernement, ni l’ISIE ne sont prêts pour ces élections".

"Nous demandons à ce que cette date soit reportée tant que les conditions nécessaires ne sont pas réunies", a-t-elle insisté.

SAHARA : L’ENVOYÉ DE L’ONU ENTREPREND UNE SÉRIE DE RENCONTRES À NEW YORK

 

Le nouvel envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Horst Koehler, a pris ses fonctions le 8 septembre à New York, où il a tenu une série de réunions et de consultations jusqu'au 16 septembre, indique dimanche un communiqué du porte-parole de l’ONU. 

Koehler a rencontré le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et les hauts responsables des Nations Unies, les représentants des parties et des voisins, et d’États membres, ajoute le communiqué. 
Le Secrétaire général, poursuit la même source, «s'est félicité de l'intention de son envoyé personnel de se rendre dans la région», tout en soulignant «l'importance de cette visite pour relancer le processus politique dans un nouvel esprit et une nouvelle dynamique, conformément à la résolution 2.351 (2017) du Conseil de sécurité». 
D’après ledit communiqué du porte-parole de l’ONU, Koehler «attend avec impatience de se rendre dans la région et de s'engager avec les parties dans un esprit de confiance et de compromis».

Reportage. Quand la Police nationale ouvre ses portes

 

 

La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a organisé, du jeudi 14 au samedi 16 septembre à Casablanca, ses toutes premières Journées portes ouvertes. Un exercice de communication qui s’inscrit dans la volonté de l’institution de se rapprocher du citoyen. Dès le premier jour, l’affluence était au rendez-vous. Ambiance.

"Bonjour, où se trouve l’entrée, s’il-vous-plaît?" Un policier indique courtoisement la porte principale de la Foire internationale. Il est 11h15. Le salon vient à peine d’ouvrir, que les badauds se pressent déjà devant les portiques de sécurité.

 

L’allée centrale de l'enceinte fourmille d’officiers en uniforme de cérémonie, les doigts gantés de soie, la casquette impeccablement vissée sur la tête. Dans un coin, une femme frotte discrètement la veste de sa collègue. Pas question de laisser une tache de craie salir la respectabilité de l’institution.

Derrière les visiteurs montrant patte blanche pour accéder à la grande halle, une trentaine d’hommes armés fait soudain irruption. Ils portent baskets, pantalons noirs, t-shirts crème et gilets pare-balles estampillés "GRI" - Groupes de recherche et d’intervention, dont deux nouvelles unités ont été créées cette année à Fès et Salé.

Près des barrières qui bordent le gigantesque espace de démonstration, deux d’entre eux s’avancent, tantôt en faisant des saltos, tantôt en donnant des coups de pied dans le vide. Deux autres s’empoignent. Le premier menace le second avec un couteau. La lame ne tarde pas à voler, sous l’effet d’une violente prise de judo, terminée en clé de bras sur le sol bétonné.

La scène tout juste évacuée, six motardes de la police nationale entrent en piste. Elles s’immobilisent tous gyrophares allumés, près des caméras de télévision. L’une d’elles met pied à terre. Pendant vingt minutes, elle répond aux questions des innombrables journalistes, sous le contrôle très étroit d’une chargée de communication de l’administration centrale.

Petite leçon de communication médiatique en direct, pour cette jeune motocycliste de la DGSN

Petite leçon de communication médiatique en direct, pour cette jeune motocycliste de la DGSN

Les ronflements des moteurs laissent bientôt place aux tambours de la fanfare. En tête de cortège, un éclaireur lance un bâton qu’il rattrape toujours avec élégance. "C’est ça que j’aurais aimé faire!", s’écrie Kamel. Le jeune licencié en techniques commerciales a déposé trois candidatures pour intégrer le prestigieux corps habillé. À chaque fois, son dossier a été ignoré. Motif : sa taille, inférieure au minimum masculin requis (1,73m).

Accompagné d’un ami, le garçon de 23 ans se dirige vers le chapiteau dressé juste en face. Au centre d’une carrière improvisée, un écuyer effectue des tours de manège debout, à cheval sur deux étalons galopant côte-à-côte. "On est très contents de voir ça au Maroc. Mais c’est vrai que ce n’est pas forcément ce qu’on attend de notre police", commente Kamel, un brin sarcastique.

Une cavalière objecte que si ce genre de spectacle relève de leur devoir de représentation, l’essentiel de leurs missions consiste à assurer la sécurité aux abords des manifestations culturelles et sportives, ainsi qu’à intervenir dans les terrains difficiles d’accès pour les engins motorisés. Une école spécialisée a été créée pour eux au sein de l’Institut royal de police de Kénitra. Depuis son ouverture en 2002, elle a vu défiler plus de 400 élèves.

"Ce n'est pas forcément ce qu'on attend de notre police", commente Kamel devant le spectacle de voltige de la brigade équestre

"Ce n'est pas forcément ce qu'on attend de notre police", commente Kamel devant le spectacle de voltige de la brigade équestre

À l’intérieur de la Foire, le stand de la brigade équestre concentre l’attention des curieux, qui n’hésitent pas à prendre des selfies avec les répliques grandeur nature des chevaux. Un peu plus loin, l’atelier portrait-robot lui fait de la concurrence. Diplômés des Beaux-Arts, les artistes-policiers expliquent aux enfants leurs techniques de dessin à main levée, qui leur permettent de mieux retranscrire les expressions faciales des criminels décrits par les témoins.

Venu avec une classe de 6e du collège privé Rahmouni Potentiel, Jospin Yangoulma apprécie la démarche de la DGSN. "Dans un contexte de lutte anti-terroriste, c’est important que les enfants sachent comment réagir s’ils identifient quelque chose de suspect", développe le professeur de français. Il n’a pas achevé sa phrase que ses élèves se mettent à courir vers la sortie. Sur les écrans géants, retransmettant en direct les images de la caméra-grue du plateau, ils ont repéré un nouveau déploiement des Brigades régionales d’intervention (BRI).

L'atelier portrait-robot a fasciné de nombreux visiteurs, à commencer par les scolaires

L'atelier portrait-robot a fasciné de nombreux visiteurs, à commencer par les scolaires

Cette fois-ci, c’est un grand car bleu qui s’est arrêté au milieu de la plateforme. Deux braqueurs montent à bord. Presque aussitôt, les 4x4 d’intervention déboulent en trombe. Leurs dérapages dégagent une forte odeur de gomme et d’essence, qui flottera un bon moment dans l’air.

Les commandos encerclent le véhicule, tandis que les tireurs d’élite se positionnent aux quatre coins de la salle. Sur une musique de film, deux agents cagoulés descendent en rappel du plafond. "Là, c’est tout de même un peu trop!", glose un vieux monsieur. "La théorie est nettement plus facile que la pratique. Quand ça arrive réellement, il y a toujours des paramètres qu’on ne maîtrise pas", poursuit le sage.

Les faux assaillants sont rapidement neutralisés, sous les youyous du public. En attendant que les exercices pratiques reprennent, les parents emmènent leurs progénitures voir les robots et tout l'attirail des démineurs. "Je ne savais pas que la police marocaine disposait de tous ces moyens", s’émerveille Yacine. Gendre et beau-frère de policiers, ce MRE de Belgique photographie son fils devant la combinaison verte de 41kg, dont les plaques d’acier peuvent amortir le choc de 500 grammes d’explosifs. "Il n’a que trois ans, mais il n’arrête pas de dire "police, police"!", s’amuse le jeune papa.

Vers 17h, les officiels débarquent pour une inauguration en grande pompe, entourés d’une armada de gardes du corps. Au cœur de la cohue, quatre randonneurs déambulent innocemment, sacs sur le dos, chaussures montantes jusqu’aux chevilles. Ces touristes italiens s’apprêtaient à visiter la Mosquée Hassan II voisine, lorsqu’ils ont remarqué un mouvement de foule. "Je ne connais pas vraiment la portée de cet événement", admet Loredana, la chef du groupe. "Mais si ça peut améliorer les rapports entre la population et sa police, alors c’est très bien!"

La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a organisé, du jeudi 14 au samedi 16 septembre à Casablanca, ses toutes premières Journées portes ouvertes. Un exercice de communication qui s’inscrit dans la volonté de l’institution de se rapprocher du citoyen. Dès le premier jour, l’affluence était au rendez-vous. Ambiance.

"Bonjour, où se trouve l’entrée, s’il-vous-plaît?" Un policier indique courtoisement la porte principale de la Foire internationale. Il est 11h15. Le salon vient à peine d’ouvrir, que les badauds se pressent déjà devant les portiques de sécurité.

 

L’allée centrale de l'enceinte fourmille d’officiers en uniforme de cérémonie, les doigts gantés de soie, la casquette impeccablement vissée sur la tête. Dans un coin, une femme frotte discrètement la veste de sa collègue. Pas question de laisser une tache de craie salir la respectabilité de l’institution.

Derrière les visiteurs montrant patte blanche pour accéder à la grande halle, une trentaine d’hommes armés fait soudain irruption. Ils portent baskets, pantalons noirs, t-shirts crème et gilets pare-balles estampillés "GRI" - Groupes de recherche et d’intervention, dont deux nouvelles unités ont été créées cette année à Fès et Salé.

Près des barrières qui bordent le gigantesque espace de démonstration, deux d’entre eux s’avancent, tantôt en faisant des saltos, tantôt en donnant des coups de pied dans le vide. Deux autres s’empoignent. Le premier menace le second avec un couteau. La lame ne tarde pas à voler, sous l’effet d’une violente prise de judo, terminée en clé de bras sur le sol bétonné.

La scène tout juste évacuée, six motardes de la police nationale entrent en piste. Elles s’immobilisent tous gyrophares allumés, près des caméras de télévision. L’une d’elles met pied à terre. Pendant vingt minutes, elle répond aux questions des innombrables journalistes, sous le contrôle très étroit d’une chargée de communication de l’administration centrale.

Petite leçon de communication médiatique en direct, pour cette jeune motocycliste de la DGSN

Petite leçon de communication médiatique en direct, pour cette jeune motocycliste de la DGSN

Les ronflements des moteurs laissent bientôt place aux tambours de la fanfare. En tête de cortège, un éclaireur lance un bâton qu’il rattrape toujours avec élégance. "C’est ça que j’aurais aimé faire!", s’écrie Kamel. Le jeune licencié en techniques commerciales a déposé trois candidatures pour intégrer le prestigieux corps habillé. À chaque fois, son dossier a été ignoré. Motif : sa taille, inférieure au minimum masculin requis (1,73m).

Accompagné d’un ami, le garçon de 23 ans se dirige vers le chapiteau dressé juste en face. Au centre d’une carrière improvisée, un écuyer effectue des tours de manège debout, à cheval sur deux étalons galopant côte-à-côte. "On est très contents de voir ça au Maroc. Mais c’est vrai que ce n’est pas forcément ce qu’on attend de notre police", commente Kamel, un brin sarcastique.

Une cavalière objecte que si ce genre de spectacle relève de leur devoir de représentation, l’essentiel de leurs missions consiste à assurer la sécurité aux abords des manifestations culturelles et sportives, ainsi qu’à intervenir dans les terrains difficiles d’accès pour les engins motorisés. Une école spécialisée a été créée pour eux au sein de l’Institut royal de police de Kénitra. Depuis son ouverture en 2002, elle a vu défiler plus de 400 élèves.

"Ce n'est pas forcément ce qu'on attend de notre police", commente Kamel devant le spectacle de voltige de la brigade équestre

"Ce n'est pas forcément ce qu'on attend de notre police", commente Kamel devant le spectacle de voltige de la brigade équestre

À l’intérieur de la Foire, le stand de la brigade équestre concentre l’attention des curieux, qui n’hésitent pas à prendre des selfies avec les répliques grandeur nature des chevaux. Un peu plus loin, l’atelier portrait-robot lui fait de la concurrence. Diplômés des Beaux-Arts, les artistes-policiers expliquent aux enfants leurs techniques de dessin à main levée, qui leur permettent de mieux retranscrire les expressions faciales des criminels décrits par les témoins.

Venu avec une classe de 6e du collège privé Rahmouni Potentiel, Jospin Yangoulma apprécie la démarche de la DGSN. "Dans un contexte de lutte anti-terroriste, c’est important que les enfants sachent comment réagir s’ils identifient quelque chose de suspect", développe le professeur de français. Il n’a pas achevé sa phrase que ses élèves se mettent à courir vers la sortie. Sur les écrans géants, retransmettant en direct les images de la caméra-grue du plateau, ils ont repéré un nouveau déploiement des Brigades régionales d’intervention (BRI).

L'atelier portrait-robot a fasciné de nombreux visiteurs, à commencer par les scolaires

L'atelier portrait-robot a fasciné de nombreux visiteurs, à commencer par les scolaires

Cette fois-ci, c’est un grand car bleu qui s’est arrêté au milieu de la plateforme. Deux braqueurs montent à bord. Presque aussitôt, les 4x4 d’intervention déboulent en trombe. Leurs dérapages dégagent une forte odeur de gomme et d’essence, qui flottera un bon moment dans l’air.

Les commandos encerclent le véhicule, tandis que les tireurs d’élite se positionnent aux quatre coins de la salle. Sur une musique de film, deux agents cagoulés descendent en rappel du plafond. "Là, c’est tout de même un peu trop!", glose un vieux monsieur. "La théorie est nettement plus facile que la pratique. Quand ça arrive réellement, il y a toujours des paramètres qu’on ne maîtrise pas", poursuit le sage.

Les faux assaillants sont rapidement neutralisés, sous les youyous du public. En attendant que les exercices pratiques reprennent, les parents emmènent leurs progénitures voir les robots et tout l'attirail des démineurs. "Je ne savais pas que la police marocaine disposait de tous ces moyens", s’émerveille Yacine. Gendre et beau-frère de policiers, ce MRE de Belgique photographie son fils devant la combinaison verte de 41kg, dont les plaques d’acier peuvent amortir le choc de 500 grammes d’explosifs. "Il n’a que trois ans, mais il n’arrête pas de dire "police, police"!", s’amuse le jeune papa.

Vers 17h, les officiels débarquent pour une inauguration en grande pompe, entourés d’une armada de gardes du corps. Au cœur de la cohue, quatre randonneurs déambulent innocemment, sacs sur le dos, chaussures montantes jusqu’aux chevilles. Ces touristes italiens s’apprêtaient à visiter la Mosquée Hassan II voisine, lorsqu’ils ont remarqué un mouvement de foule. "Je ne connais pas vraiment la portée de cet événement", admet Loredana, la chef du groupe. "Mais si ça peut améliorer les rapports entre la population et sa police, alors c’est très bien!"