"Chabat ne dira au revoir que quand il mourra"

"Chabat ne dira au revoir que quand il mourra"

 

 

Hamid Chabat a confirmé son intention de briguer un second mandat à la tête de l'Istiqlal. Faisant feu de tout bois, il se pose en victime, défend son bilan et voit le PJD comme le seul parti avec lequel il peut se coordonner.

C’est un Hamid Chabat assis tout seul, surplombé du logo de la balance, et au centre d’une salle de conférence entouré de journalistes qui défend son bilan et sa candidature à un deuxième mandat à la tête du parti nationaliste.

 

Ce mardi 12 septembre, le chef du troisième parti politique du Maroc, chahuté en interne par une partie des cadres de sa formation qui réclament son départ, a défendu son bilan et s’est posé en victime d’un "Makhzen" qui le ciblerait lui et son parti.

Tout au long de son intervention qui a duré plus d'une heure et demie, Chabat a lancé des piques à ses adversaires, mais a aussi affiché sa solidarité avec le Hirak et le journaliste Hamid El Mahdaoui. Il a également réitéré sa proximité idéologique avec les islamistes du PJD.

Le patron de l’Istiqlal a confirmé sa candidature à un deuxième mandat à la tête de l’Istiqlal, et ce même s’il a été lâché par ses plus proches lieutenants il y a quelques jours. "Chabat ne dira au revoir que quand il mourra. Je n’ai jamais mené une bataille sans prendre en compte mes chances", lance le secrétaire général sortant du parti à la balance.

"Qu’ils disent ce qu’ils veulent. Ils ont dit que Chabat est fini il y a dix ans, vingt ans… mais seul Dieu met fin aux ambitions. Notre bataille et celle des valeurs et de l’indépendance de la décision partisane ", lance-t-il à l'endroit de ceux qui annonçaient la fin de sa carrière politique.

Clamant haut et fort qu’il a été élu démocratiquement à la tête de son parti, il dit militer pour le respect de la volonté du peuple et contre les "partis de l’administration". Ironique, il défie ses détracteurs d'inscrire dans la loi sur les partis politiques "que les secrétaires généraux des partis soient nommés". "Qu’ils deviennent des hauts fonctionnaires, comme dans les partis administratifs!", suggère-t-il, moqueur.

"Avez-vous encore un doute sur mes intentions de me porter candidat?", interroge-t-il en guise de réponse à une question de notre confrère de Medias24 sur son avenir politique. Hamid Chabat en profite pour présenter ses concurrents pour le poste de secrétaire général comme "les candidats du Makhzen".

Alors qu'un confrère lui demande s'il fait allusion à Nizar Baraka, Chabat répond: "Je n’ai pas donné de nom. C’est une habitude qu’il y ait un candidat du Makhzen". Le secrétaire général de l'Istiqlal affirme d'ailleurs ne pas savoir combien de challengers il aura en face lors du prochain congrès national du parti à la balance. Tantôt sur la défensive, tantôt très agressif, le secrétaire général de l'Istiqlal semblait ne plus rien avoir à perdre.

"Ce que nous avons réalisé pour le parti n’a pas été fait en 60 ans", poursuit-il, pour défendre son bilan. Chabat affirme ainsi que l'Istiqlal a rassemblé "1,25 milliard de centimes" grâce aux simples contributions de "militants moyens", construit un nouveau siège, payé ses factures et a pu redresser la situation de l’imprimerie du parti, Arrisala.

Il s’est aussi défendu de toute monopolisation du pouvoir de décision, expliquant qu’il a pris ses décisions de manière "collégiales" et à "l’unanimité ", notamment lorsqu'il avait claqué la porte du gouvernement.

" Pas de coordination, sauf avec le PJD "

Durant son intervention, Hamid Chabat a dit "défendre son droit de s’exprimer" et l’indépendance de décision de sa formation. "Quand j’ai dit 'Vive le roi', on m’a cassé le micro", déclare-t-il, rappelant l’épisode de l’intervention policière pour le déloger du siège de l’UGTM (syndicat proche du parti), alors qu’il tentait de soutenir un de ses proches alliés pour qu’il rempile à la tête de la centrale.

Le chef du parti à la balance est également revenu sur ses déclarations polémiques concernant la "marocanité" de la Mauritanie, qui lui avaient valu un recadrage des Affaires étrangères. "Arrêtons de créer la fitna (…) il faut qu’il y ait de bonnes relations (avec la Mauritanie) que notre diplomatie joue son rôle, notamment la diplomatie parallèle", estime-t-il, rappelant ses propres voyages officiels vers ce pays.

Hamid Chabat a aussi réaffirmé les liens étroits avec le PJD. "Il n’y aura pas de coordination, sauf avec le PJD, et que le Makhzen dise ce qu’il veut", lance-t-il. Le secrétaire général de l'Istiqlal rappelle alors sa facette islamiste, à laquelle il avait eu recours lors des élections. "Il y a des gens qui veulent faire la guerre à la religion (qui soutiennent) l’homosexualité. Ils veulent nous créer des tribus. C’est comme cela que ça a commencé en Syrie et en Irak. On veut nous diviser. Nous sommes un pays musulman", brandit-il.

Il évoque par la suite le secrétaire général du PJD Abdelilah Benkirane qui, selon lui, a "fait à la tête du gouvernement ce que personne n’a fait avant lui". Pourquoi alors avoir quitté le gouvernement conduit par les islamistes? "On est sorti oui, parce qu’on est contre la réforme de la caisse compensation et de la caisse des retraites", argumente-t-il.

Hamid Chabat a réitéré à l'occasion sa volonté de ne pas briguer de poste au sein du gouvernement. "Je ne veux pas de poste, je ne veux rien, je veux que le parti de l’Istiqlal reste ce parti nationaliste. Je ne suis pas là pour vendre les martyrs du parti", a-t-il souligné.

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